Ergonomie et référencement (SEO)

tout ce que vous pouvez faire pour aider votre visiteur à trouver le contenu qui l’intéresse contribue à rendre son expérience positive et participe donc de la démarche ergonomique. Voyons comment intégrer la SEO dans le processus de création de son site web.

Qu’est-ce que l’optimisation du référencement de sites internet a à voir avec l’ergonomie web?

La question peut faire débat et pourtant je n’ai pas hésité un instant à mettre une introduction à la SEO dans le programme de mon cours d’ergonomie web. Ma réflexion est la suivante: pour autant que vous restiez du côté lumineux de la Force (« white hat SEO »), tout ce que vous pouvez faire pour aider votre visiteur à trouver le contenu qui l’intéresse contribue à rendre son expérience positive et participe donc de la démarche ergonomique.

Cet article n’a pas pour objet de répéter pour la millième fois les principes de base du référencement organique: utiliser les metatags, la balise Titre, coder en xhtml valide et sémantiquement correct, densité de mots-clefs… Vous n’avez qu’à les googler ou venir à mon cours pour en être informé. L’objet de cet article est de voir comment intégrer la SEO dans le processus de création de sites web.

La SEO est un processus

La SEO, ce n’est pas (plus) une étape que l’on fait à la fin du processus de création, lorsque le site est en ligne. Finie l’époque où il suffisait d’envoyer son url à Google et d’attendre quelques semaines pour le voir apparaitre dans les premières page de résultats (« SERP-1« ).

La 1ère page de résultats de Google aujourd’hui, c’est un peu comme la loge de Scarlett Johansson: on voudrait tous être dedans, mais il n’y a de place que pour quelques (heureux) élus.

De plus, même si vous êtes l’un de ces petits veinards qui caracolent en première page des résultats (« SERP-1« ), les moteurs de recherche évoluent, adaptent leurs algorithmes en fonction de l’évolution de leurs utilisateurs, de leur technologie et de leurs objectifs business. Rien n’est donc jamais garanti, ce qui explique que l’on dise de la SEO que ce n’est pas Scarlett Johansson une étape, mais un processus permanent. Il ne faut donc jamais baisser la garde et toujours garder l’œil sur les dernières évolutions des moteurs de recherche. Je sais, vous n’aviez justement que cela à faire.

Intégrer la SEO dans le processus de création

En fait, la SEO c’est un peu comme l’ergonomie à ses débuts. Ce n’est qu’à la toute fin, lorsque le bel interface pleins de jolies fonctionnalités très utiles s’avère inutilisable qu’on se rend compte qu’on aurait peut-être dû penser aux utilisateurs finaux un peu plus en aval. Même chose pour la SEO: si vous ne réfléchissez pas dès la phase de conception de votre site comment chaque url du site devrait être référencé, vous ne pourrez au mieux que « patcher » le site. Il ne s’agira donc plus d’optimisation mais de « rafistolage du référencement de votre site dans les principaux moteurs de recherche. Erreur fatale: a quoi sert un site si personne ne le trouve?

Architecture de l’information et SEO

Dans ma pratique, c’est au moment où j’organise le contenu du site en nodes de contenu (groupes, sous-groupes et éléments unitaires) que je m’intéresse au référencement de chaque composant du site.

Concrètement, j’indique les mots-clefs (ou la famille de mots-clef) et l’url de chaque node de contenu, ce qui me permet d’avoir une vision d’ensemble. Je mets cela en page sous forme d’arborescence puis j’en discute avec le client, ce qui lui permet de comprendre comment le référencement fonctionne et comment s’impliquer dans le référencement de son site, et moi de récolter d’autres informations et d’autres mots-clef auxquels on n’avait pas pensé auparavant, tout en passant un agréable moment avec le client à chercher ensemble les dernières photos de Scarlett.

Intégrer la SEO dans l' AI consiste à y indiquer l'url et les mots-clefs de chaque node dans l'organigramme du contenu
Intégrer la SEO dans l' AI consiste à y indiquer l'url et les mots-clefs de chaque node dans l'organigramme du contenu

Ma stratégie SEO est le fruit d’une réflexion sur le concept de la « longue traîne ». Comme je suis d’humeur partageuse, je vais tenter de vous l’expliquer.

Longue Traîne et optimisation moteurs de recherche

Imaginons que l’on représente le trafic généré par les moteurs de recherche en fonction du nombre de mots composant les recherches qui ont mené à votre site. Ce faisant, vous représentez en fait la concurrence existant entre les sites pour apparaître sur la première page d’un moteur de recherche (« SERP-1 »). Il est évident que la compétition est plus rude pour les recherches à un mot qu’à dix mots. Or, l’on constate que le taux de conversion est important pour les recherches très spécifiques (composées de 3,4 ou plus mots-clefs). Ces urls profonds génèrent donc peu de trafic, mais on a remarqué que ce trafic a tendance à réaliser les actes de conversion que vous souhaitez. C’est ce que l’on appelle le « trafic qualifié » – votre public-cible en fait.

Le trafic est moindre mais le taux de conversion est plus élevé si la recherche contient beaucoup de mots-clef
Le trafic est moindre mais le taux de conversion est plus élevé si la recherche contient beaucoup de mots-clef

Le concept de Longue Traîne appliqué à l’architecture d’information exploite le fait que lors du lancement de votre site, les premières url à « bien se comporter » en terme de SERP seront vos url pointant vers vos plus profondes nodes de contenu. Autrement dit, votre article intitulé « Élevage de crevettes grises en mer du nord » a plus de chances d’apparaitre en première page pour une recherche telle que: « élevage crevettes grises mer du nord » que pour « crevettes », qui est plus vague, et est donc en compétition avec les pages de beaucoup d’autres sites.

On remarque dès lors que ces pages de contenu précis ont tendance à générer un flux faible mais continu de public très qualifié (a fort taux de conversion).

Lors de la conception de l’architecture de l’information, je veille donc à la répartition harmonieuse des mots-clefs, du plus général (la homepage) au particulier (les url les plus profonds). Ainsi, les nodes les plus profondes reçoivent un meilleur pagerank, poussant ainsi le pagerank de l’étage « supérieur » de ma structure – la node listant le contenu de la catégorie « crevettes » dans mon (bête) exemple. Sur le long terme, avec un site dynamique, cela paye, car plus des nodes sont créées plus la longue traîne s’allonge.

Conclusion

La SEO ne s’improvise pas (plus). Elle ne consiste pas à générer le plus de trafic possible, mais le plus de trafic qualifié possible. Il faut réfléchir à son référencement au moment où l’on réfléchit à la structure de son site internet, c-à-d. à la phase d’architecture de l’information. La méthode que j’ai proposée part du bas de la pyramide: les urls profonds. La croissance de leur référencement tirera vers le haut les pages supérieures, plus « génériques » du site.

Pour en savoir plus, je vous recommande cette lecture sur la Longue Traîne et le SEO (en anglais).

4 pensées sur “Ergonomie et référencement (SEO)”

  1. Sympa l’article, j’avais toujours l’habitude de faire la SEO à la fin, c’est une autre vision de la chose, en gros dans le web on pense tout avant, on fonce et on à pas intérêt à tomber sur un cailloux =D

    1. Julien, merci de ton commentaire.

      Tu peux évidemment toujours faire comme avant, mais alors, tu resteras un amateur… Si tu es sérieux dans ta volonté de servir tes clients et tes utilisateurs, de vouloir que les sites que tu crées soient trouvés et utilisés, que le contenu mis en ligne offre toute satisfaction aux 3 acteurs impliqués dans un site internet (le client, l’utilisateur final et toi-même), tu as effectivement intérêt à intégrer toutes les problématiques durant la phase de préparation. La phase de développement n’en sera que plus courte et efficace, et bug-free parce qu’il n’y aura plus à improviser et le(s) développeur(s) peuvent se concentrer sur la qualité de réalisation de leur code.

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